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Un épisode marquant de la Seconde Guerre mondiale s’est déroulé dans le village de Maibelle, situé à quelques kilomètres seulement de Schaltin. Cet événement, profondément ancré dans l’histoire locale, a directement touché les habitants de la région et reste étroitement lié à la mémoire des villages environnants.
Dans la nuit du 19 au 20 juin 1944, un groupe d’une quarantaine de résistants, originaires de la région de Mozet, s’installe provisoirement dans la ferme des Sarts à Maibelle, exploitée par la famille Michaux. À la suite de quelques indiscrétions et d’une dénonciation, ce lieu attire rapidement l’attention de la Gestapo.
Les autorités allemandes pensent d’abord avoir affaire à un simple dépôt de la résistance locale. Toutefois, le dimanche 25 juin à 8 heures, l’intervention de quelques membres de la Gestapo de Dinant, qui s’attendaient à une opération rapide, se transforme en un affrontement d’envergure qui durera une grande partie de la journée. Les résistants opposent une résistance farouche à des troupes allemandes de plus en plus nombreuses, venues de différentes régions. Le bilan est particulièrement lourd : 142 morts et 260 blessés du côté allemand, contre 17 résistants tués, parfois dans des circonstances particulièrement tragiques.
Pendant ce temps, la ferme est pillée, saccagée puis incendiée. Les membres de la famille Michaux, eux aussi considérés comme des terroristes par les Allemands, sont arrêtés, conduits à la prison de Namur, puis déportés vers un camp de concentration. Le fils de la famille, le petit André, âgé d’à peine 13 mois, échappe toutefois à ce sort. Il est confié à un riverain de la route d’Andenne par un garde allemand ayant conservé un peu d’humanité.
L’intégration de ce récit au dossier vise à replacer l’histoire du Château de Schaltin dans un contexte plus large. En effet, l’histoire du site est indissociable de celle des villages voisins et des femmes et des hommes qui y ont vécu. Bien que survenu à Maibelle, cet événement s’inscrit pleinement dans la mémoire collective locale et contribue à une meilleure compréhension du vécu des habitants de Schaltin et des environs durant cette période.